Le Blogue

Le blog des Conseillers Régionaux Verts d'Alsace

20 octobre 2006

La nécessaire mutation du transport aérien


Dans les années 60-70 et encore 80, les maîtres mots en matière de déplacements étaient : ”plus vite, plus loin, plus souvent et moins cher”. Dans ce contexte, le transport aérien était à l’aise comme un poisson dans l’eau, un oiseau dans l’air, faudrait-il dire.

Et bien, c’est terminé !

Nous sommes en train de prendre conscience que cette époque sera bientôt révolue. Je suis convaincu que chacun devra bien admettre la mutation nécessaire dans laquelle nous sommes engagés. Mutation nécessaire du fait à la fois de l’enjeu climatique et de l’enjeu énergétique (le pétrole pas cher c’est fini). Cette mutation, il vaut mieux y travailler dès maintenant, plutôt que d’y être contraint prochainement.

Pour l’avenir, les maîtres mots en matière de déplacement seraient vraisemblablement : ”moins vite, moins loin, moins souvent et plus cher” et l’aérien va devoir s’y adapter. Entre les différents modes de transports, des transferts sont en cours et s’accentueront, notamment au détriment de l’aérien.

On va le voir concrètement avec l’arrivée des TGV en Alsace. L’alternative ferroviaire deviendra particulièrement attractive : c’est une donnée qui est largement sous-estimée par les partisans du développement à tout crin de l’aéroport d’Entzheim.

Je les ai rencontrés à la Commission Transports du Conseil Régional. Autant le dire sans ambages, je suis sidéré par le manque de clairvoyance, d’anticipation, du côté des gestionnaires de l’aéroport. Ceci dit, c’est somme toute normal, puisque leur métier, c’est de développer l’aéroport.

Aussi, je suis convaincu que sur ce dossier particulièrement, on a besoin de débat, de pluralisme, de concertation démocratique ; et surtout pas d’arrogance et d’unilatéralisme : l’affaire est trop sérieuse pour que les citoyens laissent faire les spécialistes !

On a besoin d’un contre-pouvoir associatif énergique. L'Union pour la Fermeture de Nuit de l'Aéroport de Strasbourg-Entzheim (UFNASE) est l'un de ces contre-pouvoirs. Elle remplit cette fonction nécessaire. Nécessaire, il y a 10 ans. Nécessaire, aujourd’hui. Et pour longtemps.

Jacques FERNIQUE

16 juin 2006

GCO : une Gabegie Compulsive Organisée



Par Andrée BUCHMANN


Nous vivons un moment historique : l’alliance entre les agriculteurs et les écologistes ; entre les habitants de la ville et ceux de la campagne ; entre les élus et la population.

Cette convergence est une force qui saura s’imposer en faveur d’une développement durable du Rhin Supérieur.


Le Grand Contournement Ouest : un projet archaïque.

Le GCO s’inscrit dans la logique de développement qui a été imaginée en 1965, après le traumatisme de la guerre, bien sûr, amis aussi de l’entre-deux guerres. La stratégie de défense de la Ligne Maginot interdisait tout investissement industriel, alors que l’Alsace connaissait une tradition manufacturière depuis le moyen-age.

Autant une industrialisation lourde complétée par des infrastructures de communication nord sud et est- ouest pouvait connaître une certaine justification à l’époque, autant prévoir la réalisation de tels équipements dans le contexte actuel est une hérésie.

Il faut bien sûr continuer une stratégie industrielle , mais elle doit être appuyée sur les nouvelles technologies de communication. La France est en train de prendre du retard au niveau mondial parce que nous n’avons pas su nous saisir des secteurs en pleine expansion. Il s’agit de développer les compétences des travailleurs, mais aussi plus largement de tous les habitants de cette région en les équipant et en mettant en œuvre des politiques de sensibilisation et de formation dans le domaine des multimédias. Cela se pratique à grande échelle dans d’autres pays ( l’Asie, l’Espagne ….) Et dans d’autres régions, comme le Valenciennois. L’Alsace conservatrice reste sur des idées du passé.

Le Grand Contournement Ouest est un projet aberrant dans le contexte actuel :

  • nous devons mettre en place des stratégies de réduction de besoin de transports de marchandises plutôt que de favoriser l’appel des camions ;

  • nous devons permettre aux habitants de cette région, surtout à cause de l’augmentation du prix de l’essence, de se déplacer le plus possible en transport publics. Or on ne peut pas investir dans les routes et dans les transports publics. L’argent n’y suffit pas. Preuve en est que le tram-train est plus ou moins abandonné ;

  • continuer de gaspiller un espace rare et précieux ( l’équivalent du ban communal de Kolbsheim), sans compter tout ce qui va arriver derrière, tout en faisant croire que le CGO va permettre de limiter l’urbanisation vers l’est, est un mensonge honteux ;

  • tout comme il est honteux de prétendre que le CGO règlement l’engorgement de Strasbourg aux heures de pointe. Il s’agit de travailler de manière fine sur le déplacement de quartier à quartier, sur le pendulaire, pour limiter les bouchons strasbourgeois.


Le Grand Contournement Ouest : un projet non financé.

Les caisses de l’Etat sont vides. Qui paiera cette infrastructure ? Avancer la concession est irresponsable. Même si un concessionnaire se déclare, il arrivera le moment où il se retournera vers les collectivités ou l’Etat pour combler les déficits.

La France a officiellement annoncé qu’elle voulait réduire les gaz à effet de serre et diviser par 4 la consommation énergétique. J’ai l’impression que nous nous situons dans un monde de fou, où les dirigeants énoncent une chose et font juste le contraire. Rajouter cette infrastructure, c’est rajouter de la pollution, c’est rajouter du bruit, c’est rajouter du gaspillage de sol, d’énergie. C’est aller à l’encontre d’une politique sociale. C’est continuer de vendre le pays aux affairistes et aux causeurs de mort. Car n’oublions pas que la pollution atmosphérique, c’est des milliers de morts, c’est des cancers, c’est des maladies diverses.


Nous retrouvons le Professeur Pellerin, qui avait prétendu que le nuage de Tchernobyl n’avait pas passé la frontière, au Tribunal. Mis en cause par les malades de la tyroïde. Nous sommes 20 ans après. Néanmoins il est en situation d’accusé pour son irresponsabilité.

L'union sacré lors de la manif anti-GCO
Yann Wehrling, Sécrétaire national des Verts et Eugène Schaeffer, Président de la Chambre d'Agriculture

Le Grand Contournement Ouest : un projet dangereux pour la santé.

Verrons-nous d’ici 20 ans nos édiles locales et nationales devant les tribunaux parce que lien aura été fait entre cancer et routes ?

Car la situation est grave et dépasse le GCO. C’est bien l’ensemble du plan de 1960 qui est déterré et pour notre secteur : la VLIO, le pénétrante est ( une autoroute entre le Rhin et la forêt de la Robertsau, lieu de loisirs et de détente ), la Rocade Sud et le GCO.

Il faudra bien un jour que ceux qui décident de mettre l’Alsace à sac, et sa population en danger, paient pour leur exaction.

Si le terrain militant ne suffit pas, il faudra aller sur celui du Droit pour gaspillage des fonds publics et irresponsabilité sanitaire.

Ensemble nous gagnerons pour un développement durable de l’Alsace, respectueux de sa terre et de l’ensemble de ses habitants.

26 janvier 2006

Camions : l'amendement Bur


Commençons par la lecture du Journal Officiel :
« Art. 285 septies. - A titre expérimental, dans la région Alsace et pour une durée de cinq ans, les véhicules utilitaires dont le poids total en charge est égal ou supérieur à 12 tonnes peuvent être soumis, lorsqu'ils empruntent des routes ou portions de routes d'usage gratuit à proximité d'axes autoroutiers à péage situés ou non sur le territoire français, à une taxe non déductible dont le montant est compris entre 0,001 et 0,015 EUR par tonne et par kilomètre.»
Voilà, c’est donc bien la Loi.
Vous avez bien lu : ça vise tous les camions de plus de 12 t, ça peut concerner n’importe quelle route proche d’une autoroute à péage !
A l’évidence ce fameux amendement Bur est une avancée. Bien sûr, ça arrive bien tard : on peut rappeler l’absence d’anticipation de l’UMP alsacienne face aux conséquences annoncées de la LKW-Maut sur une Alsace grande ouverte aux camions. Bien sûr, l’exercice relève du « pompier pyromane » puisque nos Conseils Généraux et Régional qui applaudissent à cette taxe n’ont de cesse depuis des lustres de transformer l’Alsace en couloir à camions ! Bien sûr, ce « coup parlementaire » s’avèrera probablement bien moins rigoureux dans son application effective (déjà on le dégonfle dans les médias en laissant entendre qu’il ne concernerait que le transit… de là à évoluer vers une conception très laxiste du transit à l’instar des nationales trans-vosgiennes où circulent encore tant de camions censés ne faire que du transport « local » !).
Oui, mais, il faut bien l’admettre : cet amendement qui s’est concocté contre l’avis du gouvernement marque un réel progrès qui tranche sur les vagues projets et autres atermoiements dont la droite nous bassinait depuis les reports de camions d’outre-Rhin.
L’Allemagne a pu, du fait d’un régime dérogatoire lié à la réunification, mettre en place sa taxe, la Suisse peut marquer des points avec sa redevance « RPLP », la France semble elle complètement passive face au lobby routier, engluée qu’elle est dans l’absence de volonté politique et le rythme très prudent de l’Eurovignette (qui en gros reporte après 2012 les choses sérieuses). Alors cet amendement expérimental et géographiquement limité est assurément la seule action prometteuse à contre-courant des politiques publiques qui dominent depuis un bon moment. Les organisations de transporteurs ne s’y sont pas trompées qui ont mobilisé leur front du refus ; le Ministre Perben a a très vite annoncé qu’il n’était pas question d’élargir la mesure à d’autres portions du territoire national !
Les Verts ont donc adopté une posture de soutien public, résolu et exigeant à l’égard de cette possible taxe alsacienne. Ne nous y trompons pas : ce texte est bien d’une certaine façon le produit de l’exaspération des Alsaciens face aux vagues de camions, il est l’expression d’un ras-le-bol du tout-routier qui déstabilise les élus UMP. Dans ces conditions, autant peser de notre poids dans ce sens, pour essayer de faire basculer franchement les politiques, pour réduire encore dans l’opinion le camp des inconditionnels de la route.
Pour finir, après le Journal Officiel, une autre citation, de nos porte-parole cette fois :
« Les Verts Alsace enjoignent les responsables politiques à ne pas se cantonner à une réponse contrainte et ponctuelle, mais à prendre de façon globale et résolue l’initiative en permettant par l’abandon du Grand Contournement Ouest de trouver les moyens politiques et financiers pour engager un vrai programme régional de développement massif des déplacements pendulaires non-routiers, de desserrement net de l’étau automobile sur nos agglomérations et de montée en puissance du ferroutage et du transport combiné. »

06 décembre 2005

Des propositions pour l'Energie !

L'Integroupe PS-Verts a fait des propositions à Adrien Zeller afin de réorienter la politique énergétique régionale vers une maîtrise de la demande, vers l'efficactité énergétique, la production d'énergies renouvelables et une réappropriation de la question par le politique.
Le président du Conseil Régional en a pris note et nous a promis de lire le document...
Le document est consultable sur notre site et peut être envoyé sur simple demande à l'Intergroupe.

26 octobre 2005

Non aux piste cyclables ! Oui aux pistes bagnolables !


Par Andrée Buchmann et Stéphane Dupas

La Vélorution de Samedi 22 octobre a eu un joli succès, et même une certaine résonance dans la presse locale. Ambiance chaleureuse, slogans amusants. Malgré quelques gouttes de pluie, une manif très sympa. Quelle joie, un instant, de se réapproprier l’espace urbain et de pédaler sans la menace automobile omniprésente !



Toutefois, l’automobiliste moyen a pu faire montre de son potentiel d’agressivité. C’est curieux de voir que les files de voiture sont acceptées alors que le blocage d’un carrefour par des vélos rend immédiatement nerveux. Les mentalités sont difficiles à changer et ceci rappelle que l’automobiliste est toujours convaincu de sa supériorité et de son soit-disant « bon droit ». Nous avons encore du pain sur la planche mais de tels événements redonnent du baume au cœur.
Prochaine Vélorution le samedi 21 janvier 2006 ! Pour une réappropriation de l’espace public, pour plus de convivialité, pour la tolérance zéro envers les automobilistes.

Vive les pistes bagnolables...

04 octobre 2005

Retour de manif, Jacques Fernique



Ce samedi, c'était la manif contre la Rocade Sud à Geispolsheim. Malgré un temps bien pluvieux, la démonstration a été réussie puisqu'on était 2 à 300 personnes, cavalerie du poney-club en tête (puisque la rocade leur bousillerait leurs circuits de ballades).
Ca s'est terminé au croisement fatidique que tronçonnerait la rocade : je suis intervenu, Maurice Schaeffer pour l'Association Nature Ried et Joachim Reiff pour l'association de Lipsheim.
Déjà la veille, la Manifête des riverains de la RN83 à Fegersheim-Lipsheim (bien animée avec tartes flambées et spectacles jusqu'à 23h) avait donné le ton : les routes et les camions perdent très vite en popularité !

29 septembre 2005

Cueillette de perles d'enquête publique

Ces derniers temps, je me consacre évidemment beaucoup à la bagarre de l'enquête publique sur la Rocade Sud de Strasbourg. Ce vieux projet, préliminaire au Grand Contournement Ouest de Strasbourg, reviendrait clairement à conforter une offre routière pour les marchandises côté alsacien du bassin rhénan et indirectement à plomber pour longtemps toute possibilité sérieuse de développement conséquent des alternatives à la route pour les déplacements quotidiens des personnes.
Alors, à force de m'y plonger et d'y revenir, le dossier d'enquête publique je finis par le connaître par coeur et presque par en rêver la nuit. Le dossier n'est pas particulièrement facile, le jargon des techniciens est particulièrement jargonnant, et comment le néophyte peut s'y retrouver quand on a 3 enquêtes publiques en une seule (celle sur le projet, celle sur la modif du POS qu'il entraîne et celle au titre de la Loi sur l'eau) ? Les citoyens ordinaires arrivent devant 3 piles de documents bien épais, ils butent sur 3 registres différents d'observations et restent parfois perplexes avant de repartir sans trop savoir s'ils ont bien noté leur opinion au bon endroit.
Bien peu bien sûr trouvent les longues heures que nécessite le décorticage méticuleux de ces dossiers. J'étais encore épaté hier, d'échanger longuement avec deux pêcheurs soucieux d'écologie qui non contents de s’y être longuement plongés trouvent encore le temps de travailler leurs critiques avisées. Bien peu de citoyens ordinaires en trouveront l’énergie. Compréhensible, mais dommage car ils pourraient notamment y trouver quelques joyaux à mettre au tableau d’honneur du lobby routier.
On pourrait en faire un florilège. Je vous en livre juste trois pour le plaisir.
P.31 on découvre que cette nouvelle route à 2x2 voies aurait un impact paysager positif (vous avez bien lu), puisqu'elle offrirait « de nouvelles possibilités de découvrir le paysage pour les usagers »(mais c’est bien sûr !). Vous allez voir que s’ils continuent comme ça ils vont nous mettre un périphérique autour du Mont Saint-Michel en guise de belvédère pour mieux l’apprécier…
P.97, on nous explique doctement comment Geispolsheim-Gare pour échapper à l’enfermement entre le carcan des infrastructures a presque intérêt à la réalisation de cette rocade : « Le fait d’être cerné par 3 grands axes de circulation [A35, RN83, Rocade Sud] pourrait pousser à une politique de desserrement d’un cloisonnement urbain actuel, notamment en créant des traversées de la voie SNCF plus nombreuses et moins contraignantes, et en recherchant des perméabilités entre les deux rives de la RN83 » (Quel style !) Autrement dit, rendez-vous le plus malade possible, ça vous donnera plus de chances de vous soigner !
De la pure poésie parfois : ainsi ce passage qui décrit une rocade « venant ranger le territoire et lever les incertitudes concernant le développement de l’habitat et l’avenir des derniers lambeaux du ried » permettant ainsi de « signer l’heure d’une reconquête plus amène et douce des fronts Sud… » (p.259-260) Ben oui, c’est évident la Rocade Sud va permettre de changer la RN83 en Coulée Verte, comme le GCO fera de la Rocade Ouest actuelle un nouvel axe de piste cyclable… Vous croyez qu’il a réussi à garder son sérieux le type qui a écrit ça ?

Dommage que la page 259 nous ramène à la réalité triviale du tout-routier : « la Rocade Sud participe à la mise en place d’un véritable contournement de Strasbourg et assure des connexions efficaces avec les radiales qui convergent vers Strasbourg » Autrement dit : Allez roulez, camions (le transit comme le reste) ! Roulez, automobiles vers le cœur de Strasbourg : c’est pas la Rocade Sud qui réduira votre trafic !

08 septembre 2005

Manif anti-OGM du 7 septembre à l'INRA - Colmar



Par Andrée Buchmann

Nos arguments :

En ce qui concerne le vin OGM, on ne peut que constater une mauvaise communication en période de récession. Les exploitants ont voté une baisse des rendements car le vin se vend moins. A quoi bon financer de la recherche dans l’amélioration des rendements si l’on produit déjà trop ?

Le vin, c'est le plaisir du palais mais aussi la mobilisation et l’exaltation de l'imaginaire…
En ce qui concerne la politique de l’INRA, n’oublions pas qu’il s’agit d’un organisme public. Normalement, les professionnels doivent être associés. Ce n’est pas le cas ici.



L’INRA semble aussi ignorer la demande sociale forte envers les cultures intégrées et bio qui ne bénéficient quasiment pas de crédits de recherche. Notre retard par rapport aux autres pays s’aggrave ainsi de plus en plus. Que fera-t-on dans 3 ou 4 ans de ses terrains pollués.

La coulure est très peu répandue en Alsace. Pourquoi développer des recherches dans ce secteur, alors que d'autres maladies sont plus inquiétantes ?

Enfin, il y a un problème dans l’exploitation de la vigne. La taille est effectuée trop avant dans la saison. La sève n’est alors pas encore descendue, ce qui facilite la propagation de maladies.

La manif était sympa. Il y avait du monde. Il faisait très chaud, mais qu’importe. Nous faisons passer nos messages !

01 juillet 2005

Démocratie grecque

Par Andrée Buchmann

A l'attention de mes collègues conseillers régionaux

chers amis, chères amies,
comme vous avez toutes et tous écouté - enfin ceux qui étaient encore présents; avec une grande complaisance M. Binder parler longuement , cet après midi - je suis partie écoeurée; - de démocratie grecque, sujet éminemment d'actualité,(1); je vous signale que j'interviendrai longuement à la prochaine plénière sur Lysitrata, l'Assemblée des Femmes et Aristophane. Je serai ainsi dans le vif du sujet, et je ne blague pas.

(1).- vous ne l'ignorez pas car vous êtes très cultivés, mais M. Binder, c'est le Front National et il semblait fort vous divertir; quant à la démocratie grecque qu'il défend, elle concerne exclusivement les hommes libres, - c'est à dire bien sûr les riches propriétaires capitalistes, donc ni les affranchis ni les esclaves, et bien sûr pas les femmes.

Je vous recommande un excellent livre de Pascal Quignard, chez Gallimard, qui s'intitule "Le Sexe et l'effroi" et qui présente cette époque de référence. Les esclaves n'étaient pas considérés comme des êtres humains et devaient se prêter au désir du maître; ainsi que les bébés. Je vous passe les détails. Ce n'est pas notre monde.

Andrée

17 juin 2005

GCO : la concertation balbutie


A défaut de grand débat public, la Direction de l'Equipement essaye de nous consoler avec des "cahiers d'acteurs". Une démarche tellement confidentielle que c'est un copain d'Alsace Nature qui m'en a appris incidemment l'existence. Je croyais qu'être Conseiller Régional permettait d'être aux premières loges de l'information : manifestement non.
De quoi s'agit-il : 8 collèges (Maires riverains, associations, agriculteurs, milieux économiques...) discutent, s'expriment et couchent sur le papier leurs avis et propositions dans leur pluralité. La DRE compile le tout et édite des "Cahiers d'Acteurs" qui resteront les preuves indélébiles d'une concertation en bonne et due forme.
Le hic, c'est que comme Conseiller Régional, je suis un "acteur" : je fais partie du premier Collège qui regroupe le Conseil Régional, le Conseil Général et la CUS. Ce Collège comme tous les autres doit rendre sa copie pour le 20 juin (il reste 3 jours, week end compris !). Ca va être short, d'autant que mes collègues élus comme moi n'ont rien vu et rien entendu : les coups de fil aux services montrent que personne n'est trop au courant. Manifestement même cet ersatz de concertation c'est trop.
Bon, alors avec le groupe Verts on a écrit une lettre à Adrien Zeller et on lui a joint notre contribution s'il lui venait l'idée d'ici lundi de concocter quelque chose avec Richert et Grossmann.
Voici donc notre verte contribution qui n'étonnera personne :

Participation des conseillers régionaux Verts à la contribution du collège d'acteurs « Conseil régional d'Alsace, Conseil Général du Bas-Rhin, Communauté Urbaine de Strasbourg »

Le projet GCO est loin de faire l'unanimité et de nombreux acteurs ont le sentiment que le vrai débat citoyen n'a pas eu lieu. Une opposition grandissante au projet a vu le jour, fondée sur des propositions alternatives trop vite négligées et dédaignées par les décideurs.
Le GCO n'aurait que peu d'impact sur le trafic pendulaire en direction de Strasbourg et capterait le trafic de transit, inciterait même à sa croissance, d'autant plus que la politique allemande vise au contraire à dissuader ce trafic de son côté du Rhin.
L'impact du GCO sur le territoire alsacien serait considérable. La forte densité des zones traversées, la qualité des terres soustraites à l'agriculture, mais aussi la présence de deux espèces animales d'intérêt communautaire, rendent particulièrement néfaste la consommation d'espace qui serait nécessaire à la construction de cette autoroute.
Les conseillers régionaux Verts estiment ainsi que l'opportunité du GCO, de par son impact sur l'espace, l'environnement, la qualité de l'air, et son inadéquation avec la problématique des transports, tant au niveau de l'agglomération de Strasbourg que pour l'ensemble de l'espace Rhénan, n'est pas avérée. Les conseillers régionaux Verts pensent donc qu'il serait préférable d'abandonner ce projet au profit d'infrastructures de transports collectifs et de fret non routier.

16 juin 2005

Le Blogue est créé



Le blog des Conseillers Régionaux Verts d'Alsace est créé. Il existe pour permettre aux lecteurs, aux curieux, d'échanger avec nous et de réagir à nos prises de positions.
Au plaisir d'écrire, et au plaisir de vous lire.

Les Conseillers Régionaux Verts

14 juin 2005

La pollution tue ! De l'irresponsabilité des décideurs alsaciens !

Par Andrée Buchmann

Strasbourg a connu l'année dernière une mortalité supérieure à la surmortalité liée à la canicule à cause des fortes pollutions que nous subissons, notamment l'ozone... La pollution chronique est élevée en Alsace et ses conséquences sur la santé dramatiques : augmentation des cancers, des allergies, décès…
Dans ce contexte, continuer de décider des équipements et des politiques, comme les parkings prévus en hypercentre, le Grand Contournement Ouest qui génèrent ces pollutions est irresponsable.Des mesures immédiates s'imposent :
- investir fortement dans les déplacements alternatifs : vélos, train, tram-train et cesser de construire des parkings en centre ville (deux sont prévus à Strasbourg) et des autoroutes (Grand contournement ouest)
- concevoir un aménagement du territoire équilibré et arrêter de gaspiller l'espace
- soutenir massivement l'agriculture de qualité et l'agriculture biologique qui n'utilisent pas les pesticides
- équiper encore davantage les établissements industriels d'installations de dépollution.
Au-delà des discours sur les gaz à effets de serre et le développement durable, c'est une politique cohérente que la santé des habitants de cette région exige .Au-delà des mots, on attend des actes politiques courageux.

Relais municipal mulhousien de lutte contre les discriminations

Par Djamila Sonzogni


Point de départ
L’idée du Relais Municipal de lutte contre les discriminations est née à partir du constat d’une fracture de plus en plus grande entre une partie de la population et une partie de la jeunesse dans notre société.
Il voulait répondre aux nombreuses interpellations faites aux élus sur les discriminations notamment les discriminations raciales et au fait qu’il était difficile de convaincre des personnes, notamment les jeunes, de respecter la loi, s’ils avaient le sentiment que la loi n’est pas la même pour tous.
Nous avons choisi d’en faire une structure municipale pour montrer un engagement fort des élus.
Bien que le point de départ soit les discriminations raciales, nous avons décidé de traiter toutes les discriminations.

Objectifs
Le relais s’est donné comme objectif de :
- réduire les discriminations mais aussi le sentiment de discrimination
- mieux comprendre pourquoi, comment, où on discrimine
- mettre en œuvre des réponses adaptées aussi bien au niveau individuel que collectif.
Le projet a été conçu comme expérimental et évolutif sur une période de 18 mois. Après cette période, une évaluation sera réalisée et des réorientations et/ou ajustements, voire un arrêt de l’expérience seront envisagés.
Aujourd’hui cela fait un peu plus d’un an que la mise en œuvre concrète a commencé.
Le projet présenté aujourd’hui est le fruit d’un an de travail antérieur de maturation avec l’appui de l’Observatoire Régional de l’Intégration et de la Ville (ORIV).

Axes d’intervention
Le relais intervient autour de quatre axes
1) Accueil, écoute et orientation qui permet l’analyse des situations. L’objectif est de donner une réponse à toutes les situations.
La réponse peut être individuelle (orientation, accompagnement) ou collective (sensibilisation, formation.
2) Poursuivre la réflexion et l’analyse par des débats, des études, des rencontres, des formations entre différents acteurs concernés mais aussi des réunions d’information-interpellation auprès des acteurs potentiellement discriminants…
3) Mise en réseau des différents acteurs impliqués sur cette problématique (Licra, LDH, COPEC, association de défense des droits des femmes, des droits des personnes handicapées, etc.).
4) Mise en œuvre d’un état des lieux à partir des accueils individuels : relevé des plaintes, des réponses apportées, des résultats obtenus. Ces données devraient permettre de savoir qui est discriminé, par qui, comment, l’impact des solutions mises en place mais aussi d’agir dans des cas de discriminations avérées mais sans preuve par la répétition des plaintes et de mettre en place des actions collectives ou d’orienter vers des actions judiciaires. Cet état des lieux permettra aussi d’interpeller les autorités compétentes si par exemple les discriminations avérées avec preuve traitées judiciairement aboutissent de façon trop systématique par un classement sans suite, si tel service public persiste dans une pratique discriminatoire malgré l’intervention du relais…

Moyens
Constitution d’un comité de pilotage regroupant le porteur du projet (Ville de Mulhouse), les partenaires financiers (Etat, Fasild) et les représentants d’instances impliquées dans la politique de lutte contre les discriminations (Codac, Justice, Police, Education Nationale…) ainsi que l’ORIV (fonction d’accompagnement) dont la mission est d’assurer le suivi du projet et son sens.
Constitution d’une cellule technique qui regroupe des représentants des structures accueillant les permanences décentralisées du relais, des représentants de services, structures, associations concernées. Elle a pour mission de faciliter le travail d’orientation, d’analyser collectivement les situations complexes afin de trouver des solutions adaptées.
Embauche de la responsable du relais en février 2003 qui accueille et oriente les personnes, élabore, coordonne les actions collectives, travaille à la mise en réseau des différents acteurs travaillant sur les discriminations, anime la cellule technique, met en place l’outil d’observation.
Réalisation par l’ORIV d’une mission d’appui qui a commencé dès l’élaboration du projet et qui continuera au moins au terme de la première phase de 18 mois.
Mise en place de permanences décentralisées dans la plupart des quartiers mulhousiens.
Mise en œuvre d’une stratégie de communication volontairement très modeste au démarrage.

Bilan perspectives
Au bout d’une année d’existence on peut dire que ce projet est pertinent et qu’il répond à une demande forte.
C’est aussi une expérience unique en France.
Très vite, il semble évident que pour bien fonctionner le relais a besoin de plus de moyens, la chargée de mission étant débordée entre les accueils et le suivi des situations, les sollicitations extérieures très nombreuses, la mise en place d’actions collectives et du réseau.
Il est vite apparu que les relais pour relayer le suivi des plaintes par rapport aux discriminations raciales sont quasi inexistants.
La grande difficulté que rencontre le Relais aujourd’hui est le manque de portage politique. Les raisons sont diverses mais la conséquence c’est que le relais risque soit de rester une petite vitrine qui permettrait aux élus de dire qu’ils agissent contre les discriminations, soit de ne pas être reconduit.
Cela m’amène à penser que finalement le portage par une municipalité n’est pas pertinent et que seule une association indépendante peut être efficace.
Lutter réellement contre les discriminations aujourd’hui ne peut être l’œuvre que de militants.

Report des poids-lourds, manif de Fegersheim

par Jacques Fernique


D’abord il faut quand même dire un mot sur l’absence d’anticipation. Fallait-il donc être des surdoués de la clairvoyance pour deviner que la nouvelle politique allemande de régulation des poids lourds annoncée de longue date et longtemps reportée allait avoir quelques conséquences de ce côté-ci du Rhin ? Fallait-il donc attendre le 1er janvier 2005 pour s’en rendre subitement compte ? Non, assurément non : l’Alsace aujourd’hui constate et déplore les dégâts sur ses routes, mais c’est à Paris, c’est à Strasbourg qu’on a choisi sciemment de ne pas anticiper, qu’on a choisi une fois de plus de ne pas heurter le lobby du transport routier et les schémas paresseux du passé. Alors que nos voisins allemands et suisses ont su engager une vraie politique pour des transports écologiquement responsables, avec leur taxe, avec leur efficace Redevance Poids Lourds liées aux Prestations, alors que le principe utilisateur-payeur marque des points en Allemagne et en Suisse et permet au rail et au fluvial de regagner du terrain, notre pays et nos grandes collectivités locales n’ont pas su, n’ont pas voulu s’inscrire dans cette démarche, ont au contraire donné encore et toujours le signal que l’axe Nord-Sud alsacien restait grand ouvert au flot des camions et même qu’à terme on continuerait à leur ouvrir de nouveaux espaces, de nouvelles facilités routières et autoroutières : projets de rocades, de contournement autoroutier : tout se passe comme si l’Alsace acceptait ce partage interrégional : en Suisse et en Allemagne les marchandises plutôt sur le rail, en Alsace les marchandises sur les routes. Ce saccage programmée de notre Région est inacceptable. C’est l’ensemble du Rhin Supérieur qui a besoin d’un transfert massif du fret vers le rail et les alternatives à la route ! Les enjeux en terme de santé publique sont importants et encore trop méconnus. Sait-on qu’aujourd’hui les pots d’échappements tuent davantage que les accidents ? Sait-on que l’Agence française de Sécurité sanitaire environnementale estime à 900 000 euros le coût de chaque décès lié à la pollution atmosphérique ? Dans ces conditions, je pense que même ceux dont la seule boussole est le développement économique peuvent admettre que la fuite en avant routière mérite une remise en question.



Depuis le 1er janvier, l’ambiance a bien changé, le flot supplémentaire des camions avec le report de trafic consécutif à la taxe allemande, a amené les partisans inconditionnels du fret par camion et des projets routiers à faire profil bas. Certains ont bien essayé de laisser entendre que le seul problème c’était la taxe allemande et qu’il suffisait donc de la supprimer pour régler la question : l’opinion publique ne les a pas suivi : les collectivités et les autorités en charge de l’intérêt général ne peuvent se ranger à cette revendication catégorielle : que rien ne change et que le Rhin Supérieur s’engorge définitivement ça ne peut pas être une ligne de conduite responsable !
Aujourd’hui nous avons la chance historique de pouvoir convaincre et de faire basculer les décisions. Au Conseil Régional on arrive maintenant à obtenir l’unanimité sur des positions, des déclarations d’intention dont le Vert que je suis ne peut que se féliciter. C’était inimaginable encore l’an dernier. Tout le monde convient qu’il faut des mesures d’urgence pour tenter de réguler ce flot de poids lourds, tout le monde convient à peu près qu’il faut rendre notre axe nord-sud moins attractif au transit.
Votre manifestation n’est certes pas inutile : car il en faudra du courage aux élus pour renverser les tendances lourdes de notre politique des transports. Le Rhin Supérieur ne sortira de l’engorgement que si l’Alsace harmonise sa politique du fret avec les Suisses et les Allemands. Il n’est donc pas question de quémander à ceux-ci le retour de la gratuité sur leur autoroute, mais au contraire d’obtenir nous aussi les outils pour taxer et réduire le transit des camions, d’obtenir surtout des investissements à la hauteur en faveur des alternatives comme le rail. Ce ne sera pas facile, ce n’est pas gagné, et on le sait bien ici à Fegersheim et à Lipsheim qu’il y a loin du constat du problème, de la mesure de l’insupportable à la réalité des réalisations, des réponses adaptés. La RN83 saturée, ce secteur invivable ne date pas du 1er janvier 2005. Alors, pour que notre Alsace ne devienne pas définitivement un couloir à camions, il en faudra encore plus et sans relâche de la mobilisation populaire.

02 mai 2005

Le dilemme des pôles de compétitivité

Par Philippe Carbiener

A l’aube du 21ème siècle, l’automobile et les biotechnologies seraient les deux mamelles de l’Alsace ! Cela vous paraît totalement incongru, mais c’est pourtant bien ces deux projets que la Région Alsace a décidé de défendre auprès du gouvernement pour obtenir ce précieux label « Pôle de Compétitivité » (P de C).
Les P de C doivent, selon l’idée du gouvernement, fédérer les acteurs du monde de la recherche et de l’industrie qui, au niveau d’un domaine économique, peuvent faire preuve d’excellence sur un territoire.
Valoriser l’existant
Voici, qu’après des décennies de détricotage de toute politique industrielle, on en réinvente dans l’urgence l’intérêt en conviant les régions à une mise en concurrence improvisée. Il ne s’agit donc pas d’un exercice prospectif et la collectivité ne peut que valoriser ce qui existe déjà. Avec un tel principe de réalité, qui s’impose à elle, on ne peut pas lui reprocher de défendre ce qu’elle parvient à trouver dans son tissu d’activités.
Il paraît alors difficile de s’opposer franchement au P de C automobile qui représente 90.000 emplois et dit mettre l’accent sur l’économie des matières premières et la « propreté ». L’enjeu n’est alors pas d’être pour ou contre ce produit de consommation, mais de savoir si on préfère le voir être conçu et manufacturé ici, ou ailleurs, dans des pays à bas coûts.
Au hasard des biotechs
En revanche, le pôle « innovations thérapeutiques » pose bien davantage de questions. Il englobe à la fois l’imagerie médicale et les biotechnologies. Si l’imagerie médicale est peu contestable, on ne voit néanmoins pas de liens convaincants avec les biotechnologies. Même dans le seul domaine médical, celles-ci sont pour le moment bien loin de tenir leurs promesses et il paraît de moins en moins exclu qu’elles ne les tiennent jamais. Le postulat de départ d’un pan de ces recherches, présenté par ses promoteurs, à savoir, un gène lié à une maladie, une molécule ou un procédé agissant sur ce gène, n’a tout simplement plus aucun fondement à la lumière des dernières découvertes scientifiques dans le domaine. Il est patent de constater qu’en Alsace, les fonds privés s’en détournent et que seuls les financements publics en assurent encore la pérennité.
D’ailleurs si les P de C ne se conçoivent pas sans partenariats industriels forts, ceux-ci n’apparaissent pas dans ce projet. Il y a précisément de quoi douter des biotechnologies, lorsque l’on mesure ce non engagement alors que la Région du Rhin Supérieur est riche en groupes industriels pharmaceutiques aux trésoreries florissantes et en mal de nouvelles molécules.
L’improbable couplage de ces incertitudes avec l’activité imagerie médicale confère à l’ensemble de ce projet de P de C l’aspect d’un bricolage peu crédible. Sous cet angle, à défaut de permettre ultérieurement des affectations plus pertinentes, l’injection de 18 millions d’Euros de subventions régionales sur 5 ans dans ce secteur fait craindre une fragilisation de notre tissu économique à terme.
Parce-que dans l’urgence il convenait de conforter les activités existantes, les Elus Verts du Conseil Régional se sont contentés d’émettre de fortes réserves sur ce 2ème pôle et de s’abstenir sur la délibération globale proposée par Adrien Zeller.
Elaborer un avenir plus solide
Ces deux projets ne font rien moins que de révéler l’extraordinaire fragilité structurelle du tissu d’activités alsacien. Mais cette fragilité doit précisément nous inciter à préparer sans délais un avenir plus réaliste ancré dans les défis du développement durable et en premier lieu la question de l’énergie si riche en perspectives de recherche/développement pour qui saura les entrevoir à temps. Dans l’immédiat cet exercice des pôles de compétitivité aurait pu être l’occasion, pour une autre majorité, de s’attacher à concevoir la constitution d’une fédération des 40 éco-entreprises déjà recensées en Alsace...